Les petits plaisirs solitaires dans le métro
Grâce à Riad Sattouf (que je salue au passage, si tu me lis, envoie moi un MP), je regarde le métro d'une autre oreille, et écoute les conversations d'un autre oeil (ou réciproquement).
Déjà, joie immense, vous pouvez aller de Stalingrad à Anvers, ce qui dans la vie réelle n'existe pas car vous ne pouvez aller que de Volgograd à Antwerpen...
Soit passons sur ces bizarreries géographiques.
Maintenant dans le métro il y a des gens, et ces gens sont tous du bonheur à l'état pur.
Une mamie se casse la figure dans l'escalator (je pense qu'elle a du lire la propa de Francis, et au lieu de penser à lever les pieds, elle surveillait fessiers et décolletés et pouf badaboum), et là il y a 3 catégories de gens
La première : « putain, dégage, tu vas me mettre à la bourre, sors de là » qui piétine joyeusement la mamie pour arriver à passer et ne pas rater son métro chéri
La deuxième : « pauvre dame » qui s'arrête au pied du criminel escalier mécanique (quel filou cet escalator quand même), s'agglutine et empêche forcément de passer, ce qui crée un espèce de jeu de quille pour porcelaine dans un magasin d'éléphant.
La troisième (je vous bénis) ramasse les courses de la dame, l'aide à se relever, vérifie si pas trop de bobo, et signale l'accident ce qui fera intervenir des pompiers (miam, les petits fessiers musclés moulés dans un treillis).
Après toute cette folle aventure, et surtout après avoir simulé un évanouissement auprès d'un beau pompier, vous entrez dans votre petit wagon, qui sent bon les divers cosmétiques, les chaussettes passablement défraichies, le chien mouillé, la mouffette, et la transpiration.
Vous vous installez et vous écoutez deux jeunes adolescents tout de survêtement vêtus et capuche relevée (il doit y avoir une fuite d'eau, ou alors ils ont froid aux oreilles) qui discutent élégamment de leurs petites amies :
« cette sale pute elle veut pas sucer car je lui ai pas trouvé son sac Vuitton
- moi, elle avait ses règles, alors ça va, il a pas fallu mettre de capote
- Non mais je te jure, frère, les femmes faut pas les laisser faire, je vais lui mettre une trempe, et elle va comprendre qui est l'homme !
- Wech, t'as grave raison, faut leur montrer à ces sales putes »
oO Vite changer de conversation et penser à autre chose sinon je vais commettre un double homicide, mais punaise il se sont barrés où Romantisme et Respect ? Oo
J'approche de Monceau et la population change, nous ne jouons plus du tout dans la même catégorie sociale.
Une femme emballée dans un animal mort entre avec son mari domestique :
« Jean Edouard (oui véridique), cette petite sotte de femme de maison (oO elle a pas de prénom?Oo) est encore arrivée en retard, maintenant je risque de rater mon rendez vous chez l'esthéticienne !
- eh ben, elle a du boulot l'esthéticienne ! (zut, j'ai pensé à voix haute !)
Regard énervé et vexé de Madame Jean Edouard, et ouf ma station et la libération approchent.
Bon heureusement, et même souvent il y a des petits gremlins qui racontent des histoires de princesse...
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